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Un an à vélo en Amérique du Sud

1er passage de frontière à vélo!

Promis, je ne partirai pas de Quito tant que mes récits ne seront pas à jour !

De Popayán, Alexis et moi avons mis les vélos dans le bus (et oui, ça arrive !). Ce n’est rien de bien compliqué, il suffit de démonter la roue avant, d’enlever toutes les sacoches et le tour est joué, parfois on doit payer en plus, parfois non. Nous sommes arrivés à Ipiales par la panaméricaine, la route était superbe, même en bus, mais il pleuvait et les côtes étaient bien longues et sinueuses, aucun regret ! Ipiales, c’est la dernière ville colombienne avant la frontière, on y trouve une place animée, entourée de petits restaurants de spécialités colombiennes : poulet à la broche, poulet frit, soupe de pattes de poulet, spécialités paisas (de Medellín) c’est-à-dire riz, poulet, bananes frites et pommes de terre, que de choix ! Nous sommes allés en bons colombiens d’adoption, faire notre pèlerinage à Las Lajas, sanctuaire construit dans des gorges où serait apparue la vierge Marie. Ce sanctuaire m’avait paru plus impressionnant en photo qu’en réalité mais quand même c’est pas mal.

Le lendemain nous avons enfourché nos bicyclettes pour passer la frontière équatorienne ! Ça c’est quelque chose de passer une frontière à vélo, surtout celle-ci, que beaucoup m’avaient recommandé de passer en bus à cause des trafics divers et variés entre les deux pays. Finalement, c’est assez simple quand on a compris qu’il fallait aller de soi-même présenter son passeport pour sortir de Colombie avant d’aller demander son tampon équatorien. On n’a même pas fouillé nos sacoches…

La première ville rencontrée en Equateur, Tulcán, est réputée pour son cimetière, voyez un peu…

La première journée en Equateur s’annonçait mal : nous n’avons pas trouvé la route que nous voulions prendre, du coup, on a roulé 57km sur la panaméricaine (mais là j’ai battu mon record de vitesse : 72 km/h !!! c’est bon après quelques « petites » montées !), on s’est fait saucé par une pluie bien froide qui nous a coincé dans un bled, San Gabriel, le moral bien bas…Finalement nous avons demandé notre route aux policiers du coin, qui nous ont emmenés en pickup, dans le village où nous avions initialement prévu de dormir, loin de la Panam ! C’est ça, la magie des voyages ! Nous avons fini cette première journée au coin du feu à El Angel, à boire un bon chocolat chaud…

Lorsqu’on dit que nous venons de Colombie à vélo, les équatoriens ouvrent grands les yeux et nous demandent s’il ne nous est rien arrivé là-bas, si ce n’était pas trop dangereux. Même à 50 km de la frontière, la réputation de la Colombie n’est pas fameuse. Les policiers nous parlent des camions remplis de cocaïne qui traversent la frontière impunément pour envoyer la cargaison depuis l’Equateur vers les Etats-Unis et l’Europe, des milliers de colombiens déplacés par la violence qui viennent se réfugier en Equateur, ils seraient environ 135 000 selon l’agence des Nations Unis pour les réfugiés, dont seuls un peu plus de 60 000 seraient enregistrés à ce jour. Beaucoup craignent de s’enregistrer ou vivent dans des régions excentrées où l’accès aux services de l’Etat est difficile. Le gouvernement équatorien a mis en place un programme depuis 2009 pour recenser tous les réfugiés et leur fournir des papiers d’identités. A Quito, j’ai rencontré beaucoup de colombiens : certains ont ouvert des pâtisseries colombiennes ou autres commerces, certains vendent des bonbons dans les bus, quelques uns voyagent en bus jusqu’en Patagonie et d’autres encore sont gardes de sécurité pour l’ambassadeur des Pays-Bas.

La seconde journée en Equateur a été rude : un soleil d’enfer sur la panaméricaine, des faux plats qui n’en finissaient pas suivis de belles côtes, un ventre ballonné, une chute de fatigue car j’avais oublié de retirer mes pieds des cale-pieds avant de m’arrêter…quelques paysages sublimes pour nous encourager, heureusement, et le soir, après 6km de grimpe, une heureuse rencontre ! Nous nous apprêtions à planter la tente dans un champ lorsque Miguel-Angel nous a demandé pourquoi ne préférerions-nous pas dormir chez lui ? A court d’arguments, nous voilà autour d’une bonne soupe de quinoa chez une famille Quechua de La Esperanza. Nous apprendrons plus tard que c’est ce village (ou plutôt ses champi hallucinogènes) qui a inspiré Manu Chao ! Lola me montre ses broderies traditionnelles, m’explique qu’elles se regroupent à plusieurs femmes pour obtenir des travaux de broderies plus conséquents, Blanca s’occupe de sa fillette, Condor peint le soir après son travail, Inti nous pose des tas de questions sur notre voyage, Miguel-Angel nous raconte leurs années passées à La Paz à l’ambassade de l’Equateur en tant que délégué des affaires indigènes et sa mission en tant que représentant des peuples indigènes équatoriens auprès des Nations Unis pour élaborer la chartre des droits des peuples autochtones.

 Nous assistons au départ bien matinal de Lola et Condor, vers les 6h30, avant de partir nous aussi en direction de Quito.

La route pavée, en grande partie en montée, était bien ardue mais tellement belle et paumée au milieu de la montagne que l’effort en valait la peine ! A 10h du matin, nous étions face au Cayambe découvert, mon premier cadeau d’anniversaire, c’était sublime !

 Nous avons plus tard suivi une ancienne voie ferrée, passé des tunnels dans le noir en évitant les rails qui étaient encore là.

Nous avons roulé de nuit sur la Panam, ça je n’ai pas du tout aimé car les phares en pleine face empêchent de voir quoique ce soit et que tous les 5 km, on nous disait : « oh, ce n’est pas très loin il reste encore 10km »… pour finalement arriver à Cumbaya, après avoir pédalé 8 heures pour venir à bout de 105 km bien difficiles, où nous étions attendus par la famille d’Estefania, une amie d’Alexis. J’ai donc fêté mes 27ans sur la selle, d’une bien particulière manière, mais je  pense m’en souvenir des années durant !

07 06 2010 » Colombie, Equateur

2 Responses

  1. elmono enbici juin 7 2010 @ 18 h 36 min

    « La vida es como la bicicleta, hay que pedalear hacia adelante para no perder el equilibrio”. Albert Einstein

    Sigue pedaleando hacia adelante para lograr tu sueño Coralie.

  2. Ménine, Grand Père juillet 18 2010 @ 8 h 51 min

    Merci de nous faire participer à tes joies et à tes émotions.
    Cela nous sort de notre vie si calme et si reposante entre la piscine et la chaise longue.
    Nous attendons le retour de Guillaume avec impatience et espoir.
    La maison est pleine comme l’explique mon mail de ce jour
    Ménine se joint à moi pour te dire toute notre affection
    Grand Père