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Un an à vélo en Amérique du Sud

Maria Elena, française de coeur

Maria Elena est bolivienne originaire de Cochabamba où elle est née en 1957. Son père est parti vivre avec une suédoise il y a bien longtemps déjà. Sa mère vit à La Paz. A cette époque, il est très difficile de suivre des études en Bolivie. La situation politique y est très instable, les coups d’état et fraudes électorales s’enchaînent, les université ferment. Maria Elena part donc en France où elle est reçue par une parente vivant là-bas.

Elle étudie l’économie à la Sorbonne, visite l’Europe et trouve sa place à Paris. Elle rêve de faire sa vie en France, mais, persuadée qu’il lui sera difficile de faire carrière en Europe, sa mère la convainc de rentrer au pays, où son diplôme de la Sorbonne sera accueilli comme du pain béni.

Elle rentre en Bolivie en 1986. 3 mois après, une sévère arthrite se déclare. Ses membres sont rongés par la maladie, même si aujourd’hui la maladie est maîtrisée, elle se déplace avec difficultés. Mais sa force de caractère l’a fait surmonter ces épreuves : elle a mené une brillante carrière et construit une jolie famille.

Elle obtient d’abord un poste aux Nations Unies pour renégocier la dette extérieure de la Bolivie. Elle travaille ensuite pendant 12 ans à la Banque Centrale. En 1998, elle réussi à obtenir une retraite anticipée pour invalidité.

Depuis, elle travaille temporairement en tant que consultante auprès d’organismes internationaux et aide parfois à l’administration des projets d’urbanisation conduits par son mari. Elle vit à Mallasa, un quartier sud de La Paz, avec son mari, Ramiro, et ses deux enfants, Esteban et Ana Lucia. Ils ont construit une grande maison, dans un quartier tranquille.

Maria Elena vit avec la nostalgie de la France, la persuasion qu’elle aurait pu vivre là-bas. Elle n’y est jamais retournée, n’a jamais revu ses amis de l’époque mais a pourtant réussi à garder le contact. La situation économique de la Bolivie la désespère : les entreprises internationales ont, pour la plupart, quitté le pays, la dernière banque internationale encore présente est en train de partir. Cependant, l’espoir d’un futur meilleur lui fait garder le sourire !


07 12 2010 » Bolivie, Femmes sud américaines, Portraits, Rencontres