labicicletalatina

Un an à vélo en Amérique du Sud

En passant par El Calafate

Tuons tout de suite un mythe qui passe de cyclo en cyclo : le vent Nord Ouest qui vous emmène sans pédaler de El Chaltén à Ushuaia n’existe pas ! C’est une définition, à vélo, le vent vient toujours de face, au mieux de côté.

Donc la moitié de la route entre El chaltén et El calafate s’est faite vent de face…

A deux, c’est mieux car on avance l’un derrière l’autre, le second collant au plus près du 1er pour bénéficier de l’effet d’aspiration du premier. Ça marche super bien si le vent est bien de face et à condition de ne pas lacher la cadence, sinon c’est fini, impossible de remonter au vent…Ce petit jeu m’épuise, même si je reste derrière, car il faut tenir le rythme d’Alex, pas facile facile.

Nous croisons Hugh et Pauline, un couple de cyclistes anglais, absolument fascinants, ils viennent depuis Arica en passant par les même routes que nous en Bolivie et Chili et semblent pédaler avec une facilité déconcertante…Je les avais rencontrés sur le bateau traversant le lac O’Higgins, leur rêve est de s’installer à Mirepoix, en Ariège, là où vivent mes parents !

Le passage par El Calafate, ville sans âme mais pleine de casinos ou autres boutiques à touristes, est incoutournable pour nous rendre au Perito Moreno, ce magnifique glacier se jetant dans le lac Argentino. C’est grandiose, immense, impressionnant.

La glace avance, craque et nous défie, il y a de quoi se sentir vraiment petit devant cette nature envahissante.

Ce glacier est l’un des rares glaciers au monde qui continue d’avancer. Malgré la horde touristique et les tarifs pratiqués pour les étrangers, le spectacle s’apprécie largement et reste exceptionnel, surtout parce que les passerelles permettent d’aller à la hauteur du glacier et de se rendre compte de la hauteur des parois.

Le lendemain nous reprenons la route vers Puerto Natales. 60 km de vent dans le dos, nous en profitons à fond, par contre les 25 km restants sont une horreur, le vent a viré sud-ouest, pile notre direction…Il a décidemment décidé de nous jouer des tours, ce vent.

Le jour suivant, nous l’avons de face sur une piste de 65 km : je rentre la tête dans les  épaules, je pédale en ne pensant à rien d’autre que de garder la cadence, ne pas décrocher, garder ma roue dans celle d’Alexis. Petit à petit chaque pore de la peau, chaque nerf éprouve ce vent, je sens que chaque cellule se crispe. Je me demande pourquoi tant de cyclistes viennent ici affronter ce vent, ils sont vraiment malades ! J’en arrive même à avoir des spasmes, tant c’est dur. Mais bon dieu, qu’est-ce-qu’on fait là ?

Malgré tout, nous tenons bon et nous arrivons exténués à un poste de police où nous campons en compagnie d’un cycliste Lithuanien, Henry, grand gaillard qui affronte le vent depuis son départ de Buenos Aires (il y a toujours plus fou et maso que soi). Nous mettons le réveil à 6h, pensant éviter le vent au moins une partie de la journée. C’est peine perdue, à 7h, le vent se lève, en rafales ! Nous essayons de pédaler malgré tout, je me retrouve de l’autre côté de la route sans comprendre ce qu’il s’est passé, juste contente qu’il n’y ait pas eu de camion à ce moment précis. Moins de 4 km en 30 min, aujourd’hui nous avons 120 km à parcourir si nous voulons être à l’heure au rendez-vous avec Anne-Sophie et Claude à Puerto Natales.

Le choix est vite fait : nous faisons demi-tour, et en à peine 10 min de stop, un camion nous prend ! Il transporte des poubelles, mais nous ne faisons pas les difficiles. A peine installée dans la cabine, je m’endors…et me réveille 70 km plus loin, ça a du bon ! En traversant Rio Turbo, nous sommes couverts de particules de charbon, emportées depuis les mines alentours par le vent toujours aussi fort. En passant la frontière chilienne, nous tombons sur un panneau argentin qui revendique les îles malouines, pourtant britanniques, le conflit est toujours bien présent et les vétérans le rappellent d’ailleurs sans cesse au gouvernement argentin : ils réclament une indemnisation de leur participation à ce conflit.

Nous arrivons à 18h à Puerto Natales, nous avons eu notre dose de vent ! Au milieu de la nuit, Anne-So et Claude débarquent, elles aussi ont eu leur dose d’aventures depuis leur départ annulé de Paris, mais tout est bien qui finit bien, nous allons donc partir à Torres del Paine comme prévu.

05 03 2011 » Argentine, Chili

2 Responses

  1. Philippe mars 8 2011 @ 23 h 42 min

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que ton récit décoiffe !

    Bisous et bon courage

  2. Elisabeth Soeur mars 31 2011 @ 12 h 56 min

    Bonjour,
    Nous vous avons rencontrer à EL Calafate, photo prise avant votre départ pour
    PNatales. LA patagonie est vraiment super,nous avons eu rune pensée pour vous sur la route de P. Natalés, quel courage pour affronter le vent.
    Mais Torres del Paine a du vous faire oublié les désagrements de la route.
    Paysages merveilleux et protégés.
    A bientôt de suivre vos aventures;
    Les bienheureux français