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Un an à vélo en Amérique du Sud

Une fière équipée à Torres del Paine

Le décor
Un des parcs naturels les plus visités au monde, un paysage patagonien incroyable composé de lacs, montagnes, pampa, glaciers, forêts et dans lequel vivent en toute tranquillité guanacos, ñandus, condors, pumas et bien d’autres encore. Sur le W, il suffit de lever la tête pour voir des condors !

Le W est le circuit le plus connu du parc, il doit son nom à sa forme puisqu’il remonte 2 vallées formant ainsi les pattes du W. Examinez-bien la carte ci-dessous, on y voit le W et la O (la boucle) qui fait tout le tour du massif. Le circuit de cette histoire commence à l’Est, au camping Las Torres et contourne le massif dans le sens des aiguilles d’une montre, à l’inverse de la plupart des randonneurs qui gardent le meilleur pour la fin (les Torres).

Les saisons changent en fonction des vallées : l’histoire commence sous une chaleur estivale, au moins 25 degrés, continue avec du vent, de la pluie, puis de la neige, de la grêle et finira sous un soleil printanier. A la fin du trek, les Torres sont recouvertes de neige !

Les Protagonistes

Alexis : L’homme de la troupe. Au début de l’histoire, il ressemble un peu à un oiseau à qui on aurait coupé les ailes : il est au pied de superbes montagnes avec un sac à dos vide de tout matériel d’escalade ! Ce n’est pas dans ses habitudes de partir en simple randonnée. Alexis n’a que 3 jours devant lui avant de retourner au Brésil. Il nous accompagnera donc sur le circuit W et un peu plus loin jusqu’au col John Gardner.

Claude : La plus méritante de toutes. Ses chaussures de rando rendent l’âme dès le 2ème jour, elle continuera sans se plaindre, les pieds couverts d’ampoules à cause des petites baskets qu’elle porte et le dos craquelé à cause d’une réaction au port du sac à dos pendant 6 jours dans des conditions climatiques patagoniennes. Elle arrive à éteindre son Ipod pour ne plus être dérangée par les mails professionnels qu’elle reçoit sans arrêt. Elle transporte dans son sac des balistos et du chocolat pour nous encourager dans les plus durs moments ! C’est la plus forte d’entre nous pour tracer le chemin dans les passages de boue.

Anne -So : La princesse de l’histoire puisqu’on fêtera son anniversaire en cours de route autour d’une bouteille de vin et d’une fondue de pommes au chocolat ! C’est la photographe de l’équipe, l’appareil toujours autour du cou. Elle sait donner le rythme de marche à l’équipée. Elle s’arrange toujours pour avoir de la boue sur son pantalon imperméable jusqu’au milieu des cuisses ! Elle préfère les lingettes bébés aux bains bien saisissants dans les eaux vives de Patagonie. Avec Coco, elle a enfin trouvé quelqu’un aussi peu pudique qu’elle, ça lui fait du bien !

Coco : Vous la connaissez déjà, un peu folle mais pas inconsciente. Elle a lâché son vélo le temps du tour du parc Torres del Paine et adopté des bâtons de marche. Elle aime planter la tente le soir mais a parfois un peu de mal à s’en extirper le matin. Elle tente de défendre sa part de chocolat face au prédateur qu’est Alexis.

Le matériel
Un sac à dos de rando avec le minimum nécessaire : 2 tentes, vêtements toutes saisons (y compris gants, bonnets et chaufferettes bien utiles en fin compte !), trousse à pharmacie, bouquins (très peu ouverts) et tout le nécessaire classique de camping.

Les victuailles pour 6 jours
Pour le petit déjeuner : thé, fruits secs, avoine, sucre et lait en poudre
Au déjeuner : carottes, pain « elfique » (appellation d’origine contrôlée par Anne-Sophie qui y voit une nourriture suffisamment dense pour combler les estomacs des elfes  plusieurs semaines – il s’agit d’une référence au Seigneur des Agneaux NDLR), thon, fromage et charcuterie, biscuits
Le soir : 1,5 kg de semoule ; 1,2 kg de pâtes, soupes instantanées en-veux-tu-en-voilà, tomates et champignons séchés, oignons nouveaux.
Extras : 4 pommes, chocolat, 1 bouteille de vin (dans le thermos)
Les quantités ont été suffisantes, un Alexis mange comme 2 Coco qui elle-même mange comme une Anne-So et une Claude réunies. No comment.

L’histoire commence par le fameux W. Nos 4 marcheurs ont eu la chance de voir, sous un ciel dégagé, les Torres (Tours),

les Cuernos (Cornes),

la vallée du Français

et le glacier Grey

A chaque patte du W on monte dans une vallée, le reste monte et descend en général, le chemin n’est pas difficile mais nous faisons de longues journées (7-10 heures de marche, sauf le 1er et dernier jour qui sont des demi-journéees).  Nous avons bouclé la O en 6 jours, transport pour Puerto Natales compris (il y a 3 heures de route).

Il s’agit pour Alexis de voir le plus possible pendant ces 3 jours et aussi de préférer les campements gratuits aux payants. C’est le point noir du parc : il faut camper aux endroits prévus pour, et ils se sont arrangés pour qu’il soit un peu difficile de rejoindre 2 campings gratuits 2 nuits de suite…En plus certains de ces campings sont surpeuplés et ils ont même été obligés de fermer le Campamento Italiano un jour car les toilettes débordaient.

Le 3ème jour, Alex s’en va en courant jusqu’au col John Gardner, les 3 filles continuent la O.

A peine seules, elles se font draguées par des chiliens, ils sont incroyables ! Elles arrivent pleines de boue et sous la pluie au campement Dos Perros.

Elles apprécient grandement le petit refuge surpeuplé mais chauffé ! Elles s’offrent même des oeufs qui sont arrivés ici à cheval, quelle folie. Cette petite épicerie au milieu de nulle part ne contient rien de consistent : chocolateries, chips et bières. Ils savent ce dont rêve le randonneur après quelques jours de marche !
Le départ du 4ème jour est bien difficile : il a plu toute la nuit et la température a sacrément chuté. Courageuses, nos marcheuses plient la tente et font leurs sacs en serrant les dents car leurs doigts sont gelés. Elles prennent la route sous la neige.

Heureusement le soleil les rattrape et elles font tout sécher à midi !

Dans un décor qui les laisse rêveuses…

Elles poursuivent quand même pour arriver le soir même au tout dernier campement, le Seton. Celui-ci est payant et dans la partie privée du parc (et oui, incroyable mais vrai, une partie du parc appartient à un particulier, encore heureux qu’il ne fasse pas payer des droits de passage). Le raccord d’eau est cassé, il n’y a aucun abri contre le vent, on se demande bien pourquoi on paye l’équivalent d’une nuit dans un hôtel pas cher au Chili.


La pluie commence à leur manquer, Anne-So, Claude et Coco traversent donc le ruisseau de la manière la plus directe (elles n’ont pas vu le pont plus haut qui – pour leur décharge – faisait faire un grand détour !).

Et ce n’est pas terminé, à leur arrivée au parking de la Laguna Amarga où elles ont la surprise d’admirer…

Un vol serré de condors


Un puma !

Un petit indice : il se trouve en bas à gauche du surplomb de la falaise…

12 03 2011 » Chili

2 Responses

  1. Gauquelin Françoise mars 14 2011 @ 10 h 32 min

    Bravo aux protagonistes pour ce très beau reportage, textes, photos. Outre, l’envie d’y aller, nous partageons avec bonheur votre périple et le beau souvenir d’amitié et de force que vous allez en garder. Et merci pour l’album que nous allons précieusement conserver.
    Bises à toutes les trois
    Françoise

  2. Julien mars 14 2011 @ 11 h 27 min

    Merci pour le récit que j’avais eu par ailleurs….une bien belle épopée en tout cas, pendant que d’autres se morfondaient à Paris 🙂

    Encore bravo pour tout le chemin parcouru !!!