labicicletalatina

Un an à vélo en Amérique du Sud

A la recherche du Huemul autour de Punta Arenas

Punta Arenas est la première grosse ville que je vois depuis longtemps ! L’élevage ovin, la pêche et le tourisme sont les principales sources de revenus de cette région australe du continent Sud Américain.

Anne-Sophie et Claude m’emmènent voir les colonies de manchots et de lions de mer qui passent l’été austral dans le détroit de Magellan, cela vaut vraiment la ballade … Merci à elles !

Après les condors, le puma, les manchots et les lions de mer, il manque à notre liste des Bigs Five, le fameux huemul. Il s’agit d’un genre de cerf qui se cache dans les forêts patagoniennes. Nous partons à sa recherche pendant 2 jours tout au bout du continent en direction du phare San Isidro. La mer est belle mais le temps n’est pas franchement en notre faveur le premier jour.

Persévérentes, lorsque le temps se dégage en fin de journée,nous décidons de planter la tente et de tenter notre chance le lendemain matin pour l’ascension du Mont Tarn, 825 m, grimpé par Darwin en 1834.

Un arc en mer ? sublime…

Au réveil, quelle surprise : le temps est splendide ! Nous lançons un bon feu de bois, rien de tel pour nous réveiller !

Nous nous lançons donc de bon matin à l’assaut du Monte Tarn. Nous cherchons le huemul derrière chaque herbe, chaque arbre, au bord des ruisseaux et des marais mais rien…

Cependant la vue sur le détroit de Magellan, la Cordillère Darwin au fond et les montagnes est bien belle !

A la descente, toujours pas de huemul…par contre la boue n’a pas séché !

Nous nous arrêtons au retour au cimetière de Puerto Hambre (Port Famine), où reposent les marins Britanniques morts de faim lors d’une mission de reconnaissance dans cette zone.

Ça a du bon de voyager entre filles : à peine de pouce tendu au bord de la route, une voiture de femmes s’arrête et nous emmène jusqu’a Punta Arenas, à 70 km de là. Lorsque nous rentrons à l’auberge, Edouardo nous avait préparé notre chambre avec toutes les affaires que nous avions laissées. Le soir, nous allons au resto pour déguster le fameux agneau patagonien cuit à la broche à la verticale, mais comme nous arrivons un peu tard, les serveurs nous en offrent les derniers morceaux (trop peu copieux pour n’importe quel chilien) ! Il faut dire aussi que les chiliens de cette région de Magallanes sont particulièrement accueillants et chaleureux. A ce propos, Anne-Sophie pourra vous en dire 2 mots tant elle s’est faite draguée ! La première fois à Torres del Paine, alors que le rideau de douche s’est envolé avec le vent … un jeune homme a su apprécier son corps et le lui dire, la seconde fois en descendant du bateau, un des membres d’équipage lui a discrètement glissé son numéro de téléphone !

L’ identité régionale de Magallanes est très forte, ils ont leur propre drapeau et semblent être d’une gentillesse à toute épreuve. Ils sont fiers d’habiter sur ces terres difficiles et défendent fermement la reconnaissance des particularités qu’il y a à vivre ici : la région a été récemment le théâtre de fortes grèves pour défendre leur avantage au prix du gaz, que le gouvernement souhaitait supprimer. En effet, eux, utilisent du gaz toute l’année alors qu’à Santiago par exemple, les consommations ne se font que l’hiver. Pour que la part du budget énergie dans les dépenses des ménages soit équitable, il faut donc que le gaz soit moins cher en Patagonie que dans les autres régions du Chili.

Il y a d’ailleurs tout un débat autour de l’énergie en Patagonie chilienne : ce sera l’objet du tout prochain article !

Autre objet d’étonnement : les habitants de cette région payent une surtaxe à l’achat de journaux ou autres produits transportés par avion ou bateau jusqu’ici ! Pour autant, les salaires ne semblent pas supérieurs…En comparaison, du côté argentin, les salaires en Terre de Feu sont sensiblement plus élevés que sur le continent, le coût de la vie n’est pas pour autant bien plus cher. Toutes ces remarques sont basées sur les échanges que j’ai eus avec les habitants de ces régions australes.

Assurément le vélo ne m’a pas manqué pendant ces 2 semaines mais je suis bien contente de l’enfourcher de nouveau pour traverser la Terre de Feu jusqu’à Ushuaia !

16 03 2011 » Chili