labicicletalatina

Un an à vélo en Amérique du Sud

En Terre de Feu

Voici le dernier épisode de la traversée sud-américaine de la Cocomovil ! De Carthagène à Ushuaia, nous avons fait, la Cocomovil et moi, 10 227 km en 10 mois dont 152 jours de vélo.  Je suis arrivée à Ushuaia le 26 février, puis le 28 février tout au bout de la Terre de Feu, là où la route nationale 3 rejoint la mer, dans la baie de Lapataia. Mais rassurez-vous, labicicletalatina.com va continuer à vivre et à être alimenté car les aventures ne s’arrêtent pas là, loin de là ! Même si dorénavant je suis plus sédentaire que cyclo (quoique, c’est vite dit), j’ai encore plein de choses à vous faire découvrir… J’espère que vous serez fidèles !

Terre de Feu, Tierra del Fuego. Cette île porte bien son nom. Alors que la majorité des cyclos croisés m’avaient dit que cette terre n’avait que peu d’intérêt, que les éléments la rendaient très inhospitalière, j’ai savouré chaque instant des 10 jours que j’y ai passés.

La terre que j’ai traversée est gorgée d’animaux

Elle prend souvent des allures de Finistère…

…les embarcations sont peut-être un peu différentes, mais les pêcheurs artisans persévèrent grâce à des fonds européens et exportent leur poisson dans le monde entier. D’autres villages de tôles semblent bien vides…

Sous la terre bouillonne du pétrole bien exploité, et quelques champs minés à l’approche de la frontière avec l’Argentine, témoins d’un temps belliqueux…

Le ciel s’enflamme le soir

Les herbes s’embrasent sous le soleil

Et s’il ne fait pas chaud ni la journée, ni le soir…

…la chaleur humaine vient remplir les cœurs

Ici, j’ai passé 2 jours avec Damian et Carlos (toujours le même Colombien!) à Rio Grande. Damian terminait son périple de plus 4 ans depuis l’Alaska, il rentrait chez lui à Mar del Plata (quelques 2000 km au nord) à vélo. Carlos, m’a ouvert la porte du Club Nautique après ma plus longue journée du voyage : 128 km!!! Je ne savais pas que j’allais le trouver là ! Nous avons pédalé encore 1 jour et demi ensemble, mais il a eu la délicatesse de me laisser arriver seule à Ushuaia. En fait j’ai choisi de faire les 105 km restants en 2 jours pour faire durer le plaisir.

J’ai aussi quitté Matt (qui a écrit un super petit mot sur moi !) et Simon, 2 anglais qui se sont retrouvés la veille après s’être rencontrés au nord de l’Argentine.

La Terre de Feu joue le jeu d’un goulot d’étranglement pour les cyclistes : nous nous retrouvons tous, ceux qui ont fait Lima-Ushuaia en 6 mois, ceux qui viennent depuis l’Alaska en 2 ans ou 4 ans, ceux qui viennent de Colombie…Nous avons tous des raisons et motivations différentes, des rythmes différents, mais nous partageons une expérience très forte et quand on croise un cyclo au long cours sur la route, on a souvent l’impression de le connaître déjà un peu !

Je me suis arrêtée au bord du lac Escondido pour camper encore une nuit sur la route. Là, j’ai rencontré Sergio et son fils qui m’ont appris à pêcher !

Ça n’a pas franchement pris, mais par contre, de bon matin j’ai observé les castors ! Ces bébêtes ont été importées ici et ont envahi toutes les rivières, chamboulant l’écosystème natif.

Alors qu’il faisait relativement beau, il y a eu un grand coup de vent en début de soirée, le lac est devenu noir et en 5 minutes, la pluie et le froid sont arrivés, je me suis réfugiée dans la tente ! Il a fait très froid cette nuit-là, moins de zéro en plein été ! J’ai rarement eu aussi frais en pédalant le lendemain jusqu’à Ushuaia, j’ai dû rajouter une paire de chaussette en route. Cette terre a  décidemment un tempérament de feu !

Les paysages autour de Ushuaia sont splendides, en quittant cette vallée par un petit col, on arrive tout de suite à Ushuaia, cette ville mythique pour bien des voyageurs.

L’arrivée a été chargée en émotions. Entre rires et pleurs, bonheur et nostalgie, mon cœur balançait. Tant de paysages traversés, tant de kilomètres, tant de visages qu’il est dur de quitter tout d’un coup, juste parce que la route s’arrête là. J’ai envie de continuer, mais j’ai le sentiment que ma route à vélo, pour cette fois-ci, s’arrête ici. J’ai envie de vivre autre chose, de rompre ma solitude, de retrouver un certain équilibre. L’aventure ne s’arrête pas !

Alors je profite des quelques jours à Ushuaia en compagnie de Carlos, Hugh et Pauline (un couple d’anglais que j’ai présenté il y a quelques articles et à propos desquels j’écrirai un peu plus bientôt) et Mauricio, un charmant colombien. Avec Carlos nous avons poussé la route jusqu’au bout du bout, dans la baie de Lapataia, au sein d’un joli parc naturel, envahit par les cars de touristes la journée !

La ville vit assurément du tourisme.

Certains viennent pour avoir le tampon avec un pingouin sur le passeport (ils payent même pour ça!!), d’autres viennent faire des excursions en montagne, dans les parcs, sur les îles voisines, observer la faune et la flore marine. D’autres viennent pour prendre un bateau pour l’Antarctique, les prix varient entre 4000 (si vous restez sur le bateau) et 8000 dollars (si des excursions sont organisées). D’autres encore débarquent en paquebot et viennent dépenser un peu sur la terre ferme.

Ici, les articles de sports sont détaxés et bien moins chers qu’ailleurs. Les prix des supermarchés sont similaires à toute l’Argentine mais les restaurants et hôtels sont nettement plus chers. Sergio me racontait qu’ici les salaires étaient 2 à 3 fois plus élevés que dans le nord de l’Argentine, d’où il est originaire. Nombreux sont ceux qui, comme lui, passent trente ans ici puis retournent au pays pour une retraite tranquille. Les emplois semblent se concentrer autour de l’assemblage électronique, de l’exploitation pétrolière, du BTP et de la pêche.

En quelques coups d’ailes, j’ai rejoint Buenos Aires, puis Belo Horizonte au Brésil. Ça c’était le 2 mars. La suite très vite, restez connectés !

04 04 2011 » Argentine, Chili

One Response

  1. Anne-So avril 5 2011 @ 7 h 39 min

    Merci Coco pour ces paysages du bout du continent… et du bout du voyage en Amérique Latine… même si, j’en suis sûre, les aventures seront encore nombreuses !!!!