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Un an à vélo en Amérique du Sud

Si tu vas à Rio…

Bien sûr je me suis arrangée pour arriver au Brésil juste avant le Carnaval ! J’ai rejoint Alexis à Belo Horizonte, puis nous sommes allés en bus à Rio de Janeiro où nous avons squatté une petite chambre à Copacabana chez mon amie Marcelle et retrouvé Henri, mon frère !

Le carnaval de rue est très bon enfant à Rio, plutôt familial, il débute le matin à 8h et fini tôt car la bière coulant à flot, plus personne n’est en état d’écouter la samba en fin d’après midi. Tout le monde se déguise, enfants, jeunes, adultes, le pirate, Amy Winehouse et blanche neige étaient très prisés cette année.

Il y avait aussi beaucoup d’hommes déguisés en femmes et certains plus originaux : des WCs pour dames par exemple.

Les blocos (groupes de samba) jouent toute la journée et en début de soirée dans la rue, de la bien bonne samba en général.

Plus tard sur la plage d’Ipanema, on est tombé au milieu d’une fête trans, très jeune. Un autre soir on s’est déchiré les oreilles à écouter un bloco dans un petit lieu fermé, le tambourim et la cuica font un bruit infernal !

Le gros bémol (qui semble pourtant s’être bien amélioré) est l’odeur d’urine et de poubelles dans les rues. Heureusement finalement que le temps était maussade : pluie et fraîcheur nous ont accompagnés tous les jours, pour le bien de nos narines.

Trois soirs d’affilée, les samedi, dimanche et lundi, les écoles de samba défilent au Sambodrome. C’est un stade tout en longueur construit uniquement pour cette occasion. Le dimanche et lundi est réservé aux écoles de première catégorie. Les chars sont immenses, ce sont des oeuvres d’ingéniosité, des danseurs y figurent et tentent d’y danser sans en tomber. Entre les chars, les danseurs des écoles défilent, il y en a environ 4000 par école !

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N’importe qui peut venir défiler, à condition de payer le costume et la place dans le défilé (à partir de 400 reais), c’est d’ailleurs très marrant de voir le capharnaüm qui règne dans les rangs et la joie enfantine affichée sur tous les visages ! En tête du cortège de chaque école, défile l’orchestre et tout le monde chante la samba inventée pour l’occasion. Des jurys départagent les écoles. Il y a des notes pour la musique, pour les costumes, pour les chars, bref, rien n’est laissé au hasard. Cette année c’est Beijaflor (ou Bisous-fleur, la traduction de Colibri en portugais, nettement plus poétique !) qui a gagné.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse une chaleur d’enfer, le carnaval bat son plein et les cariocas d’une soixantaine d’année ne manqueraient le défilé pour rien au monde. Il a été très difficile de trouver une place d’où apprécier le spectacle dans les gradins bondés où chacun avait réservé sa place et posé son petit coussin dès 17h et où nous ne pouvions stationner dans les escaliers. Bref à coups de coudes et de sourires nous nous sommes installés Jessica, Alexis et moi. Jessica est une amie rencontrée à La Paz, alors qu’elle voyageait à vélo avec Ramiro depuis Cuba.

Le spectacle était vraiment fabuleux ! De la samba à n’en plus pouvoir écouter, des chars tous plus ingénieux les uns que les autres :

du château d’Harry Potter et sa table volante…

…au podium pour minettes des favelas de l’école populaire Mangueira…

…en passant par une piscine représentant les Dents de la mer…

Un faux requin avalait pour de vrai un vrai nageur !! J’ai adoré !

…ou une mise en scène sur les cheveux français au Moyen Age,

on avait parfois du mal à comprendre le lien au thème choisi, mais on se régalait toujours !

Nous sommes restés jusqu’au petit jour….

…N’oublie pas de monter là-haut !

Entre deux soirées et deux averses, nous avons parfois délaissé les blocos de rue pour profiter des merveilles cariocas : une petite ballade presque nocturne jusqu’au sommet du pain de sucre…

et une ascension dans les nuages jusqu’au Corcovado par la célèbre voie du K2 !

Comme je portais un T-shirt des championnats du Brésil organisés par Rokaz (la Salle d’escalade qu’a créée Alexis à Belo Horizonte) en novembre dernier, des touristes m’ont prise pour une vraie championne d’escalade alors que j’enjambais le parapet de la plateforme du Christ Rédempteur, je me suis sentie très fière tout à coup !!

Ce n’est qu’après le carnaval que j’ai pu commencer à me reposer un peu…la suite du Brésil bientôt !

07 04 2011 » Brésil